Éco-anxiété : un signal faible devenu enjeu RH majeur

BThConseil

L’éco-anxiété touche de plus en plus de jeunes actifs et interroge profondément le rôle des entreprises. Pour les PME, c’est un appel à structurer leur démarche RSE pour recruter, fidéliser et agir avec cohérence. Lire la suite Éco-anxiété : un signal faible devenu enjeu RH majeur

Une nouvelle génération en quête de sens

Depuis le discours choc de Greta Thunberg à la COP24 en 2018, une génération entière a élevé la voix face à l’inaction climatique. Des jeunes issus d’écoles prestigieuses comme Centrale, Polytechnique, Sciences Po ou HEC choisissent de déserter les grands groupes pour rejoindre des structures alignées avec leurs valeurs. Ce mouvement, symbolisé par les collectifs « Pour un réveil écologique » ou « Les Déserteurs », exprime une profonde rupture : ce n’est plus seulement une recherche d’emploi, mais une quête de cohérence.

En témoignent les discours de diplômés devenus viraux, comme celui de Clément Choisne (Centrale Nantes), dénonçant un système qui sacrifie l’avenir pour maintenir des modèles de surconsommation. Ces étudiants ne se contentent plus de postuler : ils interrogent les recruteurs sur leurs engagements RSE, leurs politiques environnementales, leurs actions concrètes… et leurs résultats.

À leurs yeux, l’entreprise n’est plus neutre. Elle est soit contributive, soit disqualifiée. Et ils ne sont plus marginaux. Une étude de la Fondation Jean Jaurès (BVA/MACIF, 2023) indique que plus d’un jeune adulte sur trois considère que l’entreprise doit être utile à la société et engagée pour l’environnement.

L’éco-anxiété : un mal invisible mais structurant

Ce positionnement radical est souvent nourri par une forme d’anxiété chronique : l’éco-anxiété. Ce terme, apparu récemment dans le champ des risques psychosociaux (RPS), désigne un mal-être profond lié aux bouleversements climatiques, à la perte de biodiversité ou à la dégradation irréversible des écosystèmes. Mais surtout à l’inaction des institutions.

Une vaste étude publiée par The Lancet Planetary Health (2021), menée auprès de 10 000 jeunes de 16 à 25 ans dans 10 pays, montre que :

  • 75 % jugent l’avenir « effrayant » ;
  • 45 % affirment que l’éco-anxiété affecte leur vie quotidienne ;
  • 39 % hésitent à avoir des enfants à cause de la crise climatique.

Cette anxiété n’est pas une posture idéologique. Elle se manifeste par des symptômes concrets : troubles du sommeil, perte de motivation, décrochage professionnel. Chez certains salariés, elle se transforme en véritable conflit de loyauté : travailler pour une entreprise perçue comme nuisible à l’environnement ou aux inégalités sociales peut engendrer une culpabilité, voire un rejet intérieur du travail.

La santé mentale devient alors un enjeu organisationnel. Comme le souligne Alice Desbiolles, médecin spécialisée en santé environnementale, dans son ouvrage publié chez Fayard, l’éco-anxiété peut être apaisée par des leviers d’action concrets : engagement, reconnexion à la nature, recentrage sur le présent… autant de démarches que l’entreprise peut faciliter à travers une politique RSE cohérente.

Intégrer la RSE pour répondre aux attentes et prévenir les tensions

Loin d’être un luxe ou une tendance, la RSE devient un levier stratégique pour répondre à trois défis RH cruciaux : recruter, engager et fidéliser.

Les jeunes diplômés interrogent désormais les entreprises sur leur raison d’être, leurs impacts et la sincérité de leurs engagements. Pour eux, un poste ne vaut pas qu’à travers sa fiche de mission ou son niveau de salaire : il doit être aligné avec leurs valeurs. Or, les PME peinent à rivaliser avec les grands groupes sur la rémunération ou les avantages. En revanche, elles peuvent marquer des points sur la cohérence, l’agilité et la proximité.

Intégrer la RSE, c’est donc :

  • Offrir un cadre porteur de sens, aligné avec les aspirations des nouvelles générations ;
  • Proposer des projets concrets où chacun peut contribuer à un impact positif ;
  • Créer une marque employeur différenciante dans un contexte de pénurie de candidats qualifiés.

Cela suppose d’intégrer ces enjeux dans les politiques RH (formation, recrutement, qualité de vie au travail), mais aussi dans la stratégie globale. Une politique RSE ne se limite pas à un bilan carbone ou à des actions de mécénat : elle suppose une réflexion sur les effets directs et indirects de ses activités, et la mise en place d’une dynamique collective. Elle permet à chacun de comprendre sa contribution à un projet d’entreprise plus durable, et de s’y engager.

Reprendre la main sur le sens

La meilleure réponse à l’éco-anxiété en entreprise n’est pas de l’ignorer, mais de la reconnaître comme une alerte. Les jeunes (et moins jeunes) ne cherchent pas des discours parfaits, mais des actes concrets et une volonté sincère de progresser. La RSE offre ce cadre structurant, à condition d’en faire un projet collectif, soutenu par la direction et porté par les équipes.

C’est aussi une formidable opportunité de différenciation. Trop peu de PME se sont encore saisies du sujet, alors même qu’elles sont souvent agiles, proches de leurs parties prenantes et capables d’agir concrètement. Dans ce contexte, structurer une démarche RSE devient une réponse stratégique aux enjeux de recrutement, de fidélisation et d’alignement.

Vous sentez que votre entreprise n’est plus en phase avec les attentes sociétales ?

Structurons ensemble une démarche RSE crédible, humaine, à votre rythme et alignée avec vos activités.

Accédez à nos offres d’accompagnement sur la page Mettre en place une stratégie RSE durable.